Église paroissiale Saint-Vincent-Diacre

France > Nouvelle-Aquitaine > Landes > Vicq-d'Auribat

L'église Saint-Vincent, dont la première mention ne remonte qu'au début du XIVe siècle, est sans doute de fondation romane, comme le montre son plan originel à vaisseau unique et abside en hémicycle. La puissante tour fortifiée qui constitue son massif occidental aurait été édifiée dès le XIe siècle selon la tradition locale. Cette datation trop précoce a été remise en cause par R. Deloffre et J. Bonnefous (2001), qui penchent pour une construction au XIVe siècle, rendue nécessaire par les troubles que connaît la Chalosse à cette époque. Les arcades brisées qui ouvrent la tour sur trois côtés ne résulteraient donc pas d'un remaniement tardif, mais seraient bien d'origine. Le vaisseau unique a été augmenté d'un collatéral au nord à une époque indéterminée, peut-être dans la seconde moitié du XVe siècle après la fin des guerres et la reprise économique qui s'ensuivit. L'église est de celles que dévastent les troupes huguenotes de Montgomery lors de sa grande campagne de 1569. Le voûtement des deux vaisseaux (?) aurait été détruit à cette occasion et remplacé par un simple lambris lors d'une restauration ultérieure. La dernière adjonction est la sacristie adossée au flanc sud du chœur au XIXe siècle. En avril 1876, l'architecte départemental Alexandre Ozanne (1828-1888) présente un devis de restauration générale de l'édifice, qui inclut la réfection complète de la couverture en tuiles, des plafonds en plâtre sur lattis en pin, du dallage "en carreaux ordinaires du pays", le repercement de plusieurs fenêtres, la peinture des murs et voûtes (avec ciel bleu étoilé dans le sanctuaire), ainsi que l'exécution d'un décor en plâtre dans le chœur (pilastres, Saint-Esprit dans une gloire d'anges au plafond) et la pose de vitraux "à demi-personnages" dans le sanctuaire et à grisailles dans la nef et le collatéral. Les travaux sont exécutés entre 1876 et 1878 (procès-verbal de réception le 18 octobre) par l'entrepreneur Paul Bonnemaison (1840-1900), de Tartas, sous la conduite de l'architecte dacquois Roger Legrand suppléant Ozanne. En 1905, une nouvelle campagne de restauration (toiture, maçonnerie, dallage, crépissage, peinture) est menée sous la direction de l'architecte Victor Séron (1844-1920) par le maçon Étienne dit Arnaud Desmoliès, d'Audon, le charpentier François Gabriel Lucien Philip, de Vic, et le peintre-décorateur bordelais Ernest Leduc.

L'église n'a plus connu de modifications notables depuis lors. La tour-porche a été restaurée en 1977 et l'ensemble de l'édifice dans les années 2000.

Périodes

Principale : 11e siècle (incertitude)

Principale : 1ère moitié 14e siècle

Principale : limite 15e siècle 16e siècle (incertitude)

Principale : 2e moitié 19e siècle

Auteurs Auteur : Ozanne Alexandre

Né à Bonneboscq (Calvados) le 21 novembre 1828, mort à Dax le 18 novembre 1888 et inhumé au cimetière Saint-Pierre de cette ville. Ingénieur civil, architecte départemental des Landes de 1859 à 1879. Fils de Célestin Ozanne (1797-1870) et de Florentine Prévost (1805-1881) ; marié en premières noces, le 28 avril 1857 à Bordeaux, avec Jeanne Mathilde Brousse († Bordeaux, 17 juillet 1858) ; marié en secondes noces, le 25 février 1862 à Dax, avec Anne Clary Mène (Dax, 12 avril 1831 - Dax, 11 mars 1924), fille de Pierre Paul Mène (1792-1866), notaire, et de Marie Amélie Bonnecaze (1797-1877). Il eut du premier lit une fille, Mathilde Isabelle Jeanne (1858-1929), Mme Eugène Levassor, du second lit deux autres filles, Marie Amélie Célestine (1863-1942), épouse en 1890 d'Eugène Louis Joseph Deschamps, sous-commissaire de la Marine, et Joséphine Anne Marguerite (1864-1954).

, architecte départemental (attribution par source)
Auteur : Bonnemaison Paul Daniel Stanislas

Entrepreneur de maçonnerie et marbrier à Tartas (Landes), membre d'une famille qui compta sept maçons aux XIXe et XXe siècles. Né à Tartas le 9 janvier 1840 et mort dans la même ville le 25 janvier 1900 ; fils du maître-maçon Arnaud Bonnemaison (1811-1890) et de Françoise Mouran ; épouse à Tartas le 3 janvier 1868 sa cousine germaine Catherine Bonnemaison (Tartas, 27 février 1850 - Tartas, 22 avril 1926), fille de son oncle paternel le maçon Daniel Bonnemaison (1817-1880) et d'Anne-Justine Berdalle, dont il eut deux fils maçons à leur tour : Daniel (1870-1889) et Florent-François (1877-1921).

, entrepreneur de maçonnerie (attribution par source)
Auteur : Legrand Roger

Architecte à Dax. Peut-être fils du plâtrier dacquois d'origine bordelaise Jean Legrand (1784-1859) et de sa seconde épouse Catherine Brocas (1796-1876), mariés en 1833. Si l'hypothèse est exacte, il serait le frère consanguin des entrepreneurs de travaux publics Jean (1808-1885) et Jacques Prosper Legrand (1810-1883) - ce dernier père de l'architecte Jean Legrand (1838-1897) - et le frère utérin de Victor Sanguinet (1820-1894), architecte de la Ville de Dax. Il est également possible que Roger Legrand, dont le nom n'apparaît pas dans les registres d'état civil de Dax, et l'architecte Jean Legrand (1838-1897) ne fassent qu'un et que Roger ne soit qu'un surnom destiné à le distinguer de ses homonymes dans la famille (son grand-père et deux de ses oncles paternels portaient le prénom de Jean).

, architecte, conducteur de travaux (attribution par source)
Auteur : Séron Victor Emmanuel

Prénom usuel : Victor. Né le 23 janvier 1844 à Abergement-la-Ronce (Jura) et mort à Dax le 28 juillet 1920 ; fils du farinier et entrepreneur Pierre Séron (1812-1884) et d'Anne Martin, et frère d'Alphonse et Charles Séron, tous deux architectes. Il épouse à Dax, le 29 août 1877, la Landaise Élisabeth Clara Cazalis (Saint-Vincent-de-Xaintes, 31 décembre 1850 - Dax, 14 avril 1919), fille du charpentier Jean Cazalis et de Jeanne Justine Laborde, et sœur de l'entrepreneur Étienne Cazalis (1837-1911), dont il aura cinq fils et une fille. Le 7 mai 1893, "M. Séron, agent voyer d'arrondissement, domicilié à Saint-Sever", obtint de la Ville de Dax une concession de terrain de cinq mètres soixante-douze décimètres au cimetière Saint-Pierre "en échange de la concession perpétuelle de deux mètres carrés qu'il possède au même cimetière en vertu de l'arrêté du 14 novembre 1884, laquelle ferait immédiatement retour à la Ville" (AD Landes, 2 O 659).

Qualifié d'agent-voyer d'arrondissement dans son acte de mariage, il est alors domicilié à Dax ; il l'est à Saint-Sever en 1893. Architecte municipal de la Ville de Dax (en poste dès avant 1881 et en 1895) et agent-voyer de l'arrondissement de Saint-Sever, il travaille aux églises de Gamarde en 1882-1887, Nassiet et Castaignos-Souslens en 1893, Aubagnan et Monségur en 1894, Eugénie-les-Bains en 1895, Castelnau-Tursan et Lagastet en 1897, Castel-Sarrazin en 1898, Buanes en 1898-1900, Banos en 1900-1901, Morganx et Saint-Aubin en 1901, Lahosse en 1902-1904, Amou en 1903 et Laurède en 1906.

, architecte (attribution par source)
Auteur : Desmoliès Étienne dit Arnaud ou Arnaudin

Étienne dit Arnaud ou Arnaudin Desmoliès, maître-maçon à Tartas (Landes) - domicilié rue Pargade puis rue Royale - puis à Audon, à proximité de Tartas (avant 1893). Né à Tartas le 10 avril 1843 et mort à Audon le 30 avril 1913 ; fils de Thomas Desmoliès, maçon à Tartas, et de Marie Dupouy, et frère du maçon Jean Desmoliés (né le 31 juillet 1845). Marié à Tartas, le 14 novembre 1868, avec Élisabeth dite Élisa Durès (Tartas, 5 novembre 1838 - Tartas, 29 janvier 1886), fille de Nicolas Durès, marchand de plumes à Tartas, et de Jeanne Brichon, et sœur du maçon François Durès, dont il eut six enfants nés à Tartas : Marie (8 avril 1870), Jeanne (25 mai 1872), Jules (12 novembre 1874), Paul Arnaud (24 janvier 1877), tuilier, Marthe Jeanne (17 avril 1879). Le maçon est prénommé Étienne dans tous les actes d'état civil le concernant (naissance, mariage, décès, naissances de ses enfants), à l'exception de celui de la naissance de Jeanne (1872) où il est nommé Arnaud. Il est appelé Arnaudin dans les documents concernant ses travaux à l'église de Meilhan en 1893-1894.

, maçon (attribution par source)
Auteur : Philip François Gabriel Lucien

François Gabriel Lucien Philip, charpentier à Vicq-d'Auribat (Landes) au début du XXe siècle. Né à Vicq le 21 octobre 1866 ; fils de François Avent Philip (1837-1911), cultivateur, et de Paule Martille Dupéré (1843-?) ; marié à Vicq, le 8 décembre 1894, avec Berthe Lesparre (Cassen, 21 janvier 1877 - ?), couturière, fille de Prosper Lesparre et de Marie Despessailles, aubergistes. Le couple eut un fils, Jean-Baptiste (1897-1951, marié en 1922 à Jeanne Conquéré). Sources : AD Landes, 4 E 324/5-8, 4 E 324/9, 4 E 324/11.

, charpentier (attribution par source)

L'église, implantée au milieu du cimetière, est bâtie en grès coquillier et en calcaire lacustre de l'Armagnac (Deloffre et Bonnefous, 2001, p. 467) et entièrement couverte de tuiles creuses. Le vaisseau originel est une simple salle rectangulaire prolongée par un chœur en abside semi-circulaire épaulé d'une sacristie sur son flanc sud. Dans le mur occidental du vaisseau principal est percé un portail gothique en arc brisé sur piédroits à tables moulurées (refaits), flanqué de chaque côté par un arcature jumelée en tiers points avec intrados trilobé (en mauvais état). Le vaisseau est doublé au nord par un collatéral de même longueur, ouvrant par trois arcades en plein cintre chanfreinées sur piliers de section rectangulaire ; une porte rectangulaire à l'ouest, actuellement murée, donnait accès au collatéral depuis l'extérieur. L'intérieur est couvert de plafonds à doucine en plâtre, remplaçant peut-être un voûtement détruit (dont aucune trace ne subsiste toutefois). Une large tour-clocher fortifiée est adossée à l'extrémité occidentale du vaisseau. De plan rectangulaire, entièrement bâtie en moyen appareil de pierre de taille, elle est ouverte à sa base par trois arcades en arc brisé dépourvues de mouluration, et raidie à l'ouest par des contreforts talutés à larmier. Son premier niveau est occupé par une vaste salle (destinée à la garde) percée de baies étroites en arc brisé, soulignées extérieurement par une moulure sommitale et garnies intérieurement de coussièges. Le second niveau, ancien chemin de ronde crénelé, sert de chambre des cloches.

Murs
  1. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : pierre de taille

  2. Matériau du gros oeuvre : calcaire

    Mise en oeuvre : moellon

    Revêtement : enduit partiel

  3. Matériau du gros oeuvre : grès

    Mise en oeuvre : pierre de taille

Toits
  1. tuile creuse mécanique
Plans

plan allongé

Étages

2 vaisseaux

Couvrements
  1. lambris de couvrement cul-de-four
Couvertures
  1. Forme de la couverture : toit à longs pans

  2. Forme de la couverture : toit en pavillon

  3. Partie de toit : croupe ronde

Décors/Technique
  1. vitrail (étudié)
  2. peinture (étudié)

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Landes , Vicq-d'Auribat

Milieu d'implantation: en village

Cadastre: 2014 B 379

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